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 « Le Livre du Divin »

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Le Faiseur de Mondes
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Date d'inscription : 18/08/2016
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MessageSujet: « Le Livre du Divin »   Dim 18 Sep - 1:20

            Recueil de notes à propos du Faiseur de Mondes, 1988 :


Son nom est inconnu, son âge aussi, mais à l'heure où j'ai écrite cette note, nous sommes en 1988.

J'ai appris avec le temps que son apparence était aléatoire, chacun de mes compagnons l'a vu avec un visage différent. Moi, je l'ai rencontré sous les traits d'une vieille femme mais il lui arrive d'utiliser d'autres apparences, celles d'un enfant, d'un animal, d'un de vos proches aussi, ou bien simplement celle d'un de vos futurs compagnons... On dirait qu'il utilise des apparences différentes afin d'avoir un impact différent selon les personnes qu'il rencontre.

Le Faiseur de Mondes adapte aussi son attitude à ses interlocuteurs, mais il y a toujours deux points récurrents : il est joueur, et particulièrement fier. C'est certain qu'il aime sa personne mais aussi ce qu'il fait avec nous. Je ne suis pas sûr qu'il fasse réellement preuve de sentiments et d'émotions, mais il manipule très bien les gens. Il peut se montrer à la fois gentil et méchant ; c'est une personne imprévisible qui ne semble pas faire preuve de préférentisme envers quiconque.

Il semble improbable qu'il soit humain, comme vous et moi. Certains pensent qu'il est de nature divine, d'autres qu'il s'agit d'un sorcier. Il y a même certains nihilistes qui pensent que nous sommes tous morts, ou endormis, et qu'il n'est que le fruit de notre conscience, qui, dans l'attente d'être réincarnée, nous a placée dans le monde de l'imaginaire. Le fait est qu'aucune réponse sérieuse n'existe. Le Faiseur de Mondes suscite de nombreuses interrogations et est également la source d'une certaine fascination de la part des fanatiques. Ce qui semble être certain, c'est qu'il se nourrit de nos émotions et que cela lui permet de vivre. C'est la seule chose qu'il a daigné avouer.


***

            Recueil de notes à propos du Faiseur de Mondes, 1995 :

J'ai 89 ans, et je pense que mon heure va bientôt sonner. Vous savez, je n'ai jamais imaginé que je vivrais cette aventure. Le soir, quand ma mère me lisait des histoires de princesses, je pensais que je me marierais et que j'aurai des enfants, comme toutes les filles de l'école, mais ce n'est pas le cas. Je n'ai jamais eu d'enfant, et je ne me suis jamais mariée. J'ai aimé, par contre, oh j'ai énormément aimé. Vous savez, quand on vit dans les mondes du Faiseur de Mondes, on apprend à rencontrer quelques milliers de personnes, et parfois, on en retrouve. On se demande s'ils sont réels, on se demande s'ils vont continuer de nous épauler, si on va s'en souvenir, ou si on va oublier ? Chaque monde est une expérience, une nouvelle vie, et je n'ai pas honte de dire que j'ai vécu l'équivalent de 650 vies différentes, j'ai même cessé de compter à un moment. J'ai été comtesse dans un monde, esclave dans un autre, j'ai été battue tant de fois. J'ai combattu un dragon, et j'ai fait accoucher une femme dans un autre. Mes vies ont été toutes plus variées les unes que les autres, et j'ai tant vécu...

Vous savez, mes parents sont morts quand j'avais 8 ans. Il y a eu un incendie chez moi et ils sont morts, alors que moi je n'ai été que blessée. J'ai naturellement été à l'orphelinat, et je ne croyais plus en la vie. J'ai vécu la guerre, aussi, j'ai vu tant de morts de mes yeux d'enfant, si bien que je ne rêvait que d'une chose : vivre une aventure. Moi aussi je voulais vivre quelque chose, et arrêter d'être seule et de pleurer... Et lui, Le Faiseur de Mondes, il m'a permis cela. Il m'a emmenée avec lui et m'a présentée à tous ces gens. Oh, j'avais peur, du haut de mes neuf ans, j'étais toute petite, et eux ils étaient si âgés, si bienveillants ! Ils étaient beaux. Ils ont fait de moi leur fille, et m'ont élevée. Certains sont partis en cours de route, d'autres sont simplement morts. Je me suis toujours demandé ce qu'il y avait après la mort, quand on vivait dans les mondes du Faiseur de Mondes ? Est-ce qu'on se réveille dans un autre monde ? Est-ce qu'on retourne là où on avait disparu ? Est-ce qu'on se réincarne ? A l'orphelinat, je n'ai manqué à personne, j'en suis sûre, mais est-ce que, si j'avais eu des parents, j'aurais fini par disparaître, ou une version de moi aurait continué à vivre ?

Pourtant, j'ai une certitude. Au moment de mourir, je sais qu'il sera là. Je sais qu'il me sourira, et qu'il me tiendra la main, parce qu'il me l'a promis. Je lui fais confiance, vous savez, à cette personne ? Il m'a redonné la vie, alors, peut-être sera-t-il là pour me donner la mort ?


***

            Recueil de notes à propos du Faiseur de Mondes, 2014 :

Que dire à propos du Faiseur de Mondes ?
Déjà, il faut savoir que je ne l'ai jamais détesté. Il s'est présenté à moi de la plus belle des façons et pour une seconde vie après la mort, j'étais heureux du spectacle qui s'offrait à moi.

Personnellement, j'étais sûr que j'allais passer ma vie à travailler comme l'avait fait mon père et mon grand père avant moi. Je devais reprendre l'entreprise familiale, cette boulangerie pour laquelle j'avais étudié, la comptabilité, la cuisine, la pâtisserie. J'étais vraiment prêt. C'était pas mon rêve mais au moins, je faisais ce que l'on me demandait de faire, et c'était pour le mieux. Je m'assurais un travail qui au final ne me dérangeait pas plus que cela, j'avais mon argent tous les mois et avec un peu de chance, je pouvais partir en vacances tous les deux ans. Dans l'idée, cette boulangerie m'aurait permis d'élever deux ou trois gosses et d'entretenir une petite femme. Enfin bon, bref, le fait est que j'avais bien bu ce soir-là. J'espérais la rencontrer au bar, ma petite femme. La solitude et l'alcool ne font pas bon ménage et je les ai toutes faites fuir ! Bref, j'avais bien bu, et paf, un arbre, de plein fouet. J'ai souvenir d'avoir eu bien mal, tout était rouge autour de moi. Le pare-brise fissuré, l'avant de la voiture enfoncé par l'arbre. Je me suis demandé si j'avais toujours des jambes au moment où j'ai fini la tête la première sur le volant. Ca a fini en concerto de klaxon.

Quand je me suis réveillé, j'étais dans une forêt, avec une belle femme totalement inconnue. Vous imaginez que pour un mort, j'ai cru que j'étais au paradis. Je l'ai séduite, cette belle femme. Enfin, j'ai essayé. Oh, je ne suis pas parfait, mais j'ai quand même réussi à lui décrocher un ou deux sourires. Elle était si belle, si vous saviez, avec son sourire de déesse et son regard envoûtant, elle m'a fait du charme. Je ne l'ai jamais oubliée. J'ai mis du temps à réaliser que Le Faiseur de Mondes, que l'on m'évoquait comme un "monstre sans état-d'âme" était en fait la belle nymphe que j'ai rencontrée dans la forêt.

J'avais l'impression d'avoir un ange gardien. Elle était belle, et à chaque fois que j'avais besoin d'elle, elle était là, comme si elle entendait chacune de mes demandes, comme si elle avait son divin regard fixé sur moi, sur ma personne, et qu'elle attendait que je lui demande de l'aide... Elle me donnait à manger quand j'en avais besoin, venait me voir quand je me sentais un peu seul. Des fois, on se promenait sur le bord d'une plage qu'elle créait de toute pièce, juste pour être là, main dans la main, à regarder le soleil se coucher. On s'allongeait alors dans le sable chaud à profiter de la brise et du ciel devenant peu à peu noir. D'autres fois, on se retrouvait à l'orée d'une forêt magique, ou à bord d'un navire en pleine mer... Ou dans un chalet à la montagne. Cette belle femme, c'était ma déesse, et elle a été mienne pendant tout le début de mon aventure. J'étais collé à elle à chaque fois que je le pouvais, même quitte à laisser mes amis et compagnons d'aventure de côté. Rien d'autre n'importait qu'elle.

Je ne peux pas lui en vouloir de s'être lassée. Je la comprends, en réalité. Je ne suis qu'un homme sans importance, sans ambition et sans valeur, alors, j'ai déjà eu une chance mémorable de vivre ne serait-ce qu'un peu de ma seconde vie avec une femme comme elle. Je n'étais rien et elle a fait de moi un petit peu plus que "rien"... C'était un rêve qui devenait réalité.

Mais tout de même ? Comment apprécier la vie après cela ?

Maintenant, il faut survivre.


Dernière édition par Le Faiseur de Mondes le Dim 5 Fév - 3:26, édité 1 fois
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Le Faiseur de Mondes
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MessageSujet: Re: « Le Livre du Divin »   Dim 30 Oct - 13:19



Prologue
 

Beaucoup diraient que Le Faiseur de Mondes est un être insensible, incapable d'amour, d'affection, ou même d'une quelconque émotion. Beaucoup le voient comme un monstre, ou un Dieu que la solitude a éloigné de la réalité. Beaucoup le détestent pour cela, parce que ces expériences qu'il fait de nous nous donne l'impression qu'il s'en fiche éperduement de nos personne, qu'il ne se préoccupe pas de nos ressentis, de nos émotions, qu'il préfère faire ses petites expériences en douce, comme un gosse au dessus d'une fourmilière.

Vous savez quoi ? Je devais être la seule naive à avoir eu pitié de lui. Je ne l'ai jamais élevé au rang de "Divinité" ou "Être supérieur". C'est sans doute parce que mon côté psychologue a voulu y voir une personne malade qu'il me fallait soigner... Le cas le plus difficile de toute mon existence. Je ne pense pas qu'on puisse soigner le Faiseur de Mondes. On parle souvent de folie émanant des sujets qui restent seuls trop longtemps. L'homme est un animal social, il a besoin de contacts sociaux pour s'aider à avancer, et ces hommes qui se retrouvent perdus sur une île déserte, par exemple, reviennent avec des traumatismes, souvent liés à la solitude.

Le Faiseur de Mondes, je l'ai vu comme l'un de ces traumatisés, à une échelle qui dépasse l'entendement. Des siècles et des siècles de solitude ont donné cette chose. Il ressent, pour sûr. Il ressent des milliers de choses et son contact avec les hommes ne le fait que s'humaniser d'avantage, mais. Il ne comprend pas. Il ne peut donner de mots à ses ressentis, il ne peut donner de définition. La palette émotionnelle humaine est variée de milliers de nuances, les comprendre prendrait des milliards de mots et d'études. Chaque variante d'une langue à l'autre est différente... Et lui cherche une définition exacte de chaque chose. Il cherche la Vérité. En matière d'émotions, il n'y a pas de Vérité.

Je suis restée avec lui, une fois que tous les autres invités étaient morts ou partis. Je pense qu'il a adopté une forme d'affection égoïste pour moi, puisque je l'ai accompagné et qu'il refusait de me laisser rentrer dans mon monde, comme les autres. Je l'ai suivi dans l'Abysse, dans ses différents mondes, il m'a offert les formes que je souhaitais, un homme, une femme, son ombre, tout cela pour l'accompagner, et être avec lui. La solitude n'est pas quelque chose qu'il est capable de supporter, c'est pour cela qu'il s'entoure d'autant de petites personnes. C'est pour cela que je suis là, moi aussi. Toujours avec lui, toujours présente.

Je ne saurais dire depuis combien de temps je vis, depuis combien de temps je suis avec lui. Le monde à ses côtés est bien différent de celui dans ses mondes. La notion du temps est altérée sans conception de jour et de nuit. Peut-être un siècle ? Notre histoire est de loin étrangère à tout ce que vous pourriez vivre, entre Hommes, puisque nous sommes au dessus de tout, au dessus de vous, au dessus du reste. J'en perds presque ma notion d'humanité, j'en oublie les questions existancielles telles que "rentrerai-je un jour ?". J'en oublie le vrai monde. Ai-je eu vraiment des parents qui se sont inquiétés de mon avenir ? Ai-je réellement été à l'Université ? Ai-je réellement vécu avant d'être ici ?

Des questions qui se bousculent dans ma tête mais qui s'effondrent quand il est là. Je n'abandonnerai jamais cette aventure. Elle est tout pour moi.

Jusqu'où cela me mènera ?

H.


***

Partie I : Souvenirs humains


Le texte précédent n'était qu'un très bref résumé de mes intentions vis-à-vis du Faiseur de Mondes, ainsi que mes ressentis, mes plus brèves explications. Cependant, pour vous raconter mon histoire - et indéniablement son histoire - il me faut revenir aux premiers jours. Les premiers jours, c'est moi, c'est ma vie.

Je suis née le Premier Juin 1879 à Louhans. J'étais la troisième née d'une famille de notables aisés. Comme beaucoup de petites filles de mon époque, je n'étais pas destinée à faire de grandes études. Cela semblait même invraisemblable pour mes parents, qui avaient alors déjà deux grands garçons prédestinés à devenir de grands noms. Finalement, j'ai suivi leur trace, certainement parce que je ne me sentais pas de devenir une femme au foyer modèle. Cette vie ne m'intéressait pas du tout.

J'ai passé mon enfance à suivre l'ombre de mes frères, à passer après eux, passive face aux discriminations engendrées par ma féminité. Une femme, c'est à la cuisine. Une femme fait le ménage. Une femme ne suit pas de grandes études.

Pourtant, quelle a été la fierté de ma mère lorsque j'ai décroché mon baccalauréat ! Mon père a fini par se plier à mes demandes. Je pense qu'il a été encouragé par les nombreux échecs scolaires de mon frère ainé. Il fallait qu'au moins l'un d'entre nous s'assure un avenir riche, alors, pourquoi pas moi ?

J'ai d'abord étudié la philosophie. J'avais des milliers de question en esprit, des tas de choses qu'il me fallait savoir, et la philosophie m'a semblée être la meilleure façon d'obtenir des réponses. On m'a refusé l'agrégation et la bourse parce que je n'étais pas un homme, mais j'ai pu compter sur mon père pour m'offrir mes cinq années d'études supplémentaires en psychologie. J'avais alors 26 ans, un diplôme fraichement obtenu, mais aucune possibilité d'exercer le métier de psychologue. J'ai publié un colloque en 1906 sur les traumatismes liés à la torture et à l'enfermement pour nos prisonniers de guerre, et beaucoup sont par la suite venus me voir en consultation.

A trente ans, j'étais une psychologue reconnue, j'exerçais dans un petit cabinet du côté de Paris et j'accueillais des dizaines d'hommes, anciens soldats, traumatisés de guerre pour la plupart.

Je n'ai pas été mariée, j'ai refusé les prétendants de mon père et même si certains essayaient de me séduire, je me suis toujours refusée à eux. J'ai toujours craint qu'en devenant une femme, on me replace de force dans mon contexte de femme, à la cuisine, à m'occuper des enfants. Mon travail, ma passion, je ne pouvais pas m'en défaire, alors même si certains hommes m'ont parfois plu, je ne m'y suis jamais risquée.

Nombreux événements qui ont suivi ne me sont parvenus que par les invités que j'ai rencontrés, puisque le Faiseur de Mondes m'a saisie à l'aube de mes 33 ans, en Juin 1909. Je suis devenue la psychologue du groupe, j'étais là pour écouter mes compagnons me raconter leurs histoires, me donner des nouvelles de notre monde, et c'est ce qui me raccrochait un peu à la réalité. J'ai accueilli des jeunes soldats, à peine adultes, traumatisés par les horreurs de la Grande Guerre, ou encore des déportés.

Au final, je suis heureuse d'avoir pu échapper à toutes ces horreurs qui ont suivi. Je pense que c'est pour cela que l'aventure avec le Faiseur de Mondes ne m'a pas semblé si difficile que cela. Je me sentais juste... Protégée... Et c'était ce qui importait.

A présent, je vais m'efforcer d'évoquer les différents compagnons d'infortune que j'ai eus, les plus importants en tout cas.

Albane, Joseph, Philippe, Marie, Julie, Timothée, Marianne, Elias et Maxence. D'autres viendront peut être après s'ajouter à cette liste.


H.


***

Partie II : Débuts avec Albane


Albane est arrivée en 1915. J'étais alors dans les mondes du Faiseur de Mondes depuis près de six ans. En six ans, j'en ai vu des mondes, j'en ai rencontré des habitants des mondes et des invités, et pourtant, celle qui m'a le plus touchée, c'est elle.

Elle avait neuf ans quand elle est arrivée. C'est l'une de ces gosses dont on ne veut pas entendre parler, dans le monde réel. L'une de ces gosses qui a vécu de trop horribles choses pour que l'on ait envie de vraiment lui accorder ne serait-ce qu'un regard. C'était une petite adorable, à mes yeux, et pourtant, très difficile à cerner.

Aux premiers abords, elle n'était pas très sociable. J'ai eu beaucoup de mal à l'approcher, elle fuyait un peu les contacts amicaux, physiques, et surtout, maternels, et j'ai vite fait le lien entre la mort de ses parents, un an auparavant, et ses difficultés à se lier aux autres. Le second point qui a posé problème a été la différence d'âge. Nous étions tous beaucoup plus âgés qu'elle, c'était la plus jeune, dans ces mondes, dans ces aventures... On craignait, aux premiers abords, qu'elle se fasse tuer, dévorer, ou qu'elle en devienne folle, et pourtant, c'est celle qui a le plus profité de tous ces mondes. Le Faiseur de Mondes lui a offert une véritable "seconde chance" à travers ses mondes. Elle a eu l'occasion de vivre le rêve qu'elle n'a jamais vécu dans sa vie d'origine.

Elle a grandi, peu à peu, et je ne me cacherais pas de vous dire que j'ai participé à son éducation. C'était rude car, n'ayant jamais été maman, je craignais sans cesse de ne pas faire les bons choix dans les conseils que je lui accordais. J'avais peur d'avoir forcé les choses en m'auto-proclamant "marraine de Albane". Nous avons supporté le temps de l'adolescence, les doutes, les premiers amours...

Je ne pensais pas que ce serait si difficile. L'amour, c'était une chose que je ne connaissais pas. Je n'avais jamais eu ni de mari, ni d'amant, ni rien de tout cela, je connaissais l'amour et le sexe de mes études et mes livres... Et cette jeune femme que j'élevais vivait dans les mondes du Faiseur de Mondes, ces mondes où tout peut arriver. Même si j'avais su garder ma vertu, je savais qu'à un moment donné, je ne pourrais l'empêcher de se débarrasser de la sienne. C'est bête, n'est-ce pas ? Elle aurait eu tort de se priver, comme on dit.

Sur le coup, je lui en ai voulu de m'avoir caché cette relation qu'elle entretenait avec Philippe. J'en ai beaucoup voulu à Philippe aussi. Vraiment. Puis j'ai réfléchi, et j'ai pardonné, parce que c'est aussi ça, être mère. C'est pardonner à son enfant, la prendre dans ses bras et lui dire : « Je ne suis pas d'accord avec toi, mais je le respecte tout de même ». Ma fierté a eu du mal à l'avouer, c'est vrai...

Albane a grandi. Après Philippe est venu un autre, puis des habitants des mondes, quelques passants par-ci, par-là. Elle voguait, profitait de cette nouvelle vie comme si elle n'avait vécu que celle-là, oubliant ses neuf premières années pendant lesquelles elle n'était qu'une petite fille humaine dans le monde réel.

De nous tous, Albane est celle qui a le plus évolué, mais une part de moi a toujours trouvé horrible que le Faiseur de Mondes l'ait saisie si tôt. Neuf ans, elle n'a même pas eu le temps de vivre. Elle n'a pas pu profiter, apprendre, rencontrer des gens dans le monde réel. Elle a passé sa vie à être trimballée d'un monde à l'autre, à se frotter au danger, à voir des choses qui dépassent l'entendement. Elle ne s'est jamais posée plus de deux mois quelque part, à profiter des choses simples, de la routine. Je crois que c'est quelque chose dont elle rêvait. Elle m'en parlait, parfois, le soir...

« Dis, Héléna... Tu penses qu'un jour, on rentrera, tous ensemble, dans le monde réel ? Tu penses qu'on pourrait profiter de cette aventure ? ...
— Quelle aventure ?
— L'aventure de la Vie. »

H.





Dernière édition par Le Faiseur de Mondes le Ven 18 Nov - 14:14, édité 4 fois
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